Création le 12 mai 2016
Modification 1 le 20 mai 2016 : photos (en fin d'article)
Au Vietnam, les Hmongs et les Lolos sont deux ethnies montagnardes du nord ouest du Tonkin. Les Hmongs ont émigré de Chine entre la fin du XVIIème siècle au début du XIXème siècle. Les Lolos sont originaires du Yunnan en Chine.
En ce qui concerne les Lolos le Journal des Voyages du 29 septembre 1912 leur a consacré un article « Dans le Far West chinois, les fermiers Lolos »:
« Les paysages du Far West chinois ne sont pas dépourvus de poésie. Entre d’âpres montagnes s’étendent de larges plaines, où coulent de beaux fleuves, qui créent sur leur passage une remarquable fertilité. Mais ce qu’il y a là de détestable, ce sont les routes.
Le sol est d’argile blanche. Dans les temps secs, une horrible et desséchante poussière s’élève et couvre tout, hommes, bêtes et plantes … S’il pleut, l’argile forme une ornière glissante …On récolte le colza et les fèves en début avril, le blé à la fin de mai ; après quoi on sème le riz et toute la campagne est transformée en rizières, arrosées par l’eau venue des torrents et que les Chinois et les Lolos sont si habiles à canaliser.
Parmi les Lolos, ceux qui n’ont pas encore admis les habitudes chinoises bâtissent autrement leurs maisons. Les plus riches les construisent en planches et forment trois ou quatre chambres. Les pauvres se contentent d’une hutte circulaire où toute une famille se tasse. Dans toute maison riche, on rencontre cette curieuse particularité : le maître fait coucher son cheval dans la même chambre que lui. Le Lolo a pour le cheval la même tendresse que les Chinois pour les cochons. Les buffles, moutons, chiens et chats sont parqués dans des bâtiments voisins de la maison.
Quand le travail de la journée est fini, les Lolos s’installent sur des nattes de jonc, recouvertes de peaux de chèvre autour d’un feu de branchages qui répand une odeur insupportable, et se mettent à boire avec délice l’exécrable eau-de-vie chinoise, soit dans des cornes de bœuf, soit dans des coupes en bois, ou encore dans des tasses en cuir. " (Robert Dunier)
dernière photo amusante :
les femmes lolo se sont dissimulées derrière les hommes pour se soustraire à l'objectif
Quant aux Hmongs, Au XXe siècle, pour avoir aidé les Français pendant la guerre d'Indochine puis les Américains pendant la guerre du Viêt Nam, une partie s'est réfugiée dans la jungle, traquée par les armées laotienne et vietnamienne, ; une importante population de Hmong a émigré aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, en Allemagne, au Japon, en Argentine et en France (en particulier en Guyane).
Et au Vietnam, Hmong et Lolos s’intègrent progressivement dans la communauté nationale, surtout les jeunes, par exemple en apprenant le vietnamien.
Nous avions consacré un article sur le sort qu’ont subi les Hmongs (en particulier ceux réfugiés au Laos) :
http://empirkersco.blogspot.fr/search/label/a%2017%20-%20LES%20HMONG
Nous ne sommes donc pas en terre inconnue !
Vous pouvez regarder la vidéo, comme si vous y étiez :
De son côté, l’administration vietnamienne a multiplié les chantiers routiers de désenclavement. Par exemple, les cinq kilomètres de jungle que Frédéric Michalak gravissait péniblement pour aller chez les Lolos ont été remplacés par une route carrossable en saison des pluies pour les motos et voitures, ce qui permet aussi aux jeunes demi-pensionnaires Lolos de faire leurs 20 kilomètres à pied quotidiens domicile-lycée et retour avec le sourire.
Quelques mots sur les buffles d’eau : ils sont paisibles et aiment la boue. Idéal pour travailler dans les rizières. Il y a aussi à Haiphong des combats de buffles dans le cadre du jour de la fête du génie de la mer, le 10ème jour du 8ème mois lunaire. Les combats peuvent durer toute une journée. Les roulements de tambour les accompagnent.
Mais à quoi bon faire compliqué quand on peut faire simple : les renseignements suivants proviennent de l’excellent et précieux « Petit guide culturel du Vietnam » publié par Amica Travel : parmi les 54 ethnies, la variété des langues, sociétés et croyances est si grande dans la région que le puzzle culturel résultant constitue un vrai casse-tête (vietnamien, pas chinois) pour l’étranger de passage. Mais nous avons remarqué une constante : le peuple est sympa, souriant, travailleur, patriote.
Les Lolos se divisent en deux groupuscules les Lolos noirs et les Lolos bariolés, au total moins de 5 000 personnes. Ils sont très hospitaliers. Comme le dit Amica Travel : « Si les yeux sont les fenêtres de l’âme, nous pouvons dire que l’âme lolo est aussi pure que l’air des forêts qui les abritent. »
Nous terminerons par cette légende du haut Tonkin que nous avons découverte dans le numéro du 14 janvier 1912 du Journal des Voyages : c’est la fable du tigre et de l’éléphant.
Un jour, un lapin rencontra un éléphant qui avait la mine déconfite. Il l’interrogea sur les causes de son chagrin.
L’éléphant répondit : « J’ai parié avec le tigre et j’ai perdu mon pari. En attendant que je me mette demain à sa discrétion et qu’il me mange, il m’a permis d’aller dire un dernier adieu à mes enfants. »
Le lapin lui dit de se rassurer, de compter sur lui pour arranger les choses et lui donna rendez-vous pour le lendemain. À l’heure dite, l’éléphant arrive. Le lapin lui prescrit de s’étendre de tout son long à terre en attendant la venue du tigre.
Quand ce dernier survint, le lapin sauta sur le dos de l’éléphant et se mit à crier à pleine voix : « Voilà que j’ai bientôt fini de dévorer un éléphant pour mon dîner, mais je suis encore capable de croquer un tigre pour mon dessert ! ».
Le tigre, pris de frayeur, s’enfuit et ne reparut plus.
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Nous n'avons pu résister au plaisir de publier quelques belles photos issues du site d'Amica Travel :











